mardi 2 octobre 2007

Le Grenelle m'environne


Oh joie !

Véritable ode à la démocratie participative fanstasmée depuis quelques mois par nos concitoyens (ou du moins leurs représentants journalistiques), le "Grenelle de l'environnement" arrive enfin à sa phase consultative. A vous tous de vous prononcer sur des réformes essentielles comme faut-il limiter de 10 km/h la vitesse de circulation de voitures ou encore faire un moratoire temporaire sujet à conditions mais pas trop quand même sur les OGM. Rassurez-vous, vous avez échappé au point crucial d'interdire la Tauromachie aux moins de 13 ans, mais il s'en est fallu de très peu.

Vous pouvez donc tous donner votre avis sur l'avenir de notre planète, limitée à la France.

Sur le fonds, je dirai "pourquoi pas" pour toutes les propositions. Non pas que je pense qu'elles soit pertinentes en soit, mais bien plutôt que je n'en ai pas grand chose à faire. Personnellement, je tente de trier mes déchets comme tout le monde et si ma mairie ajoutait plus de bac, mon tri n'en serait que plus efficace. De même, je ne déverse pas de déchets toxiques dans les rivières et mon usage de pesticides polluant les nappes phréatiques est somme toute assez limité. Que dire de mes émissions de méthane si ce n'est que n'ayant pas d'élevage porcins en Bretagne subventionnés par la PAC, on ne peut pas dire que le volume de mes rejets soit une menace pour la couche d'ozone.

Mais qu'importe cela puisqu'on me demande mon avis sur autant de questions où pourtant j'aurais espéré que mes élus auraient su répondre d'eux-mêmes. Car il s'agit bien de cela. Notre État a une Assemblée Nationale ignorée par son exécutif et ce depuis la création de la Vème République (pas si éloignée des vrais accords de Grenelle dans le temps). Un exécutif qui rédige 90% des lois qui sont proposées au vote de l'organe législatif, qui les mets en oeuvre via d'innombrables décrets qui relèvent parfois plus de la loi que d'autre chose avec un contrôle du conseil constitutionnel disons-le insatisfaisant dans sa forme de saisine (pour ne pas dire plus, notamment sur le processus de nomination de ses membres).

Mais extasions-nous plutôt de ce beau processus de consultation. Mme Royal doit bien rire de se voir ainsi pillée de son idée ayant généré le fourre tout que l'on sait. Participez donc, l'herbe n'en sera que plus verte et les politiques pourrons se dédouaner complètement,t de l'adoption finale d'un texte qui disons-le ne ressemblera à rien sinon à un fatras de mesurettes sans ambition ni cohérence.

Et humblement je vous le demande : qui se souvient aujourd'hui de l'adoption de la Charte de l'environnement (ayant valeur constitutionnelle dans notre hiérarchie des normes juridiques), texte tout aussi triste mais sur la base duquel il aurait peut-être été possible de travailler. C'est d'autant plus navrant que les personnes ayant présidé le "Grenelle" et celles ayant rédigé ladite charte sont les mêmes, au moins pour partie.

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