lundi 3 septembre 2007

A votre bon coeur le 15 septembre...

Bercy plancherait sur un impôt minimum selon le Figaro de ce jour.

Cette idée n'est pas neuve et il fût un temps où, naïvement et du haut de mes 13 ans, je portais à bout de bras cette lutte dans mes meetings de cours de récréation. Derrière ce concept il y a deux faits essentiels et qui pourtant faussent tout si on s'arrête à eux seuls :

- la moitié des contribuables ne paie pas l'impôt sur le revenu (ne me demandez pas la source de cette statistique, c'est une légende urbaine à ce stade) ;

- la loi la plus important de l'année législative est l'adoption de la loi de finance qui répartit le fruit des contributions diverses reçues par l'Etat entre ses projets et fait chaque année sensiblement augmenter la fameuse dette (environ 1.000 milliards d'Euros, autre croquemitaine urbain) grâce au nom moins célèbre déficit.

Si vous mettez bout à bout ces deux idées, vous vous dites (ou pas, c'est selon que vous soyez un monstre capitaliste comme moi ou de méchante humeur - comme moi aussi, puisque aujourd'hui c'est lundi et que je vaux bien Garfield sur ce plan) : "bon sang, tous ces gens qui ne paie pas d'impôts et qui votent pour élire des gens qui vont décider ce que l'on fait de mon argent, c'est scandaleux !", vous y penserez d'autant plus que dans moins de 15 jours, vous devez envoyer votre chèque pour payer votre impôt sur le revenu (ahhh, ces belles coïncidences qui remplissent l'existence...).

Sans vous en rendre compte, vous flirterez avec le poujadisme : vous aurez envie de regarder le 13h00 de TF1 tout les jours ; le permis de chasse n'est pas loin, méfiez-vous car il vous amène sur la pente dangereuse de l'alcoolisme ; vous roulerez dans une Renault 19 chamade tunée ; votre femme vous quittera (comment lui en vouloir ?) et vous vous disputerez la garde de Spookie le gentil Pitbull (en fait, vous vous disputerez le droit de le sortir à 23h00 tous les jours même l'hiver pour qu'il ne ruine pas le tapis de votre salon ; je ne saurais d'ailleurs que trop vous encourager à lui donner à manger des croquettes plutôt que de la pâtée).

Mais vous vous ressaisirez avant d'en arriver là, j'en suis sûr. Alors certes, l'idée de réintroduire un suffrage censitaire non proportionnel à la participation à la charge publique est séduisante. C'est cependant donner beaucoup d'importance à l'impôt sur le revenu qui ne pèse pas grand chose à côté de la TVA, par exemple. Et la TVA, justement, tout le monde la paie, y compris les "passagers clandestins de la démocratie" injustement dénoncés plus haut comme on commence à s'en rendre compte.

Bercy aura par ailleurs beau jeu de dire qu'il est important que les contribuables aient conscience qu'ils paient un impôt et que les services publics ne tombent pas du ciel (il est vrai que les impositions indirecte passent relativement inaperçues malgré leur importance réelle dans le budget). A nous de leur répondre devant cet argument scabreux : "Certes, mais pourquoi dès lors passer au prélèvement à la source pour l'impôt sur le revenu, n'est-ce pas la logique inverse qui a guidé ce choix ?". Ou bien ne disons rien et laissons l'Etat gratter les fonds de tiroir, au risque de revenir sur des principes fondamentaux de nos libertés publiques comme le droit de vote.

Et, un peu à l'image des français se plaignant du rapport qualité/prix des programmes de France Télévision eut égard à la redevance télé, nous construirons peut-être une société où l'on pourra dire "vu les impôts que je paie, on pourrait quand même avoir un semblant de débat politique merde !". Je termine donc ce post sur cette note positive d'espoir.

Bien à vous,

Joulien

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Sale gauchiste ;-)

Joolien a dit…

Je me suis dit que ça changerait, pour une fois, d'avoir une approche plus consensuelle... Je savais aussi que cela te ferait plaisir ;)