Ainsi va la politique de nos jours. Quelques slogans, deux idées appuyées sur des cas particuliers "sensationnels" et une belle affiche. Dans le cadre des élections il semble parfois que les candidats à la fonction de Président de la République, élu au suffrage universel, fasse tout pour nous rappelez cet axiome de la sociologie : "le quotient intellectuel d'une foule est égal à la moitié de celui du plus bête de ses membres". Croire à de telles choses amène à de tels échanges que nous avons tous vu hier soir entre Mlle Royal et Mr Sarkozy. On pourra au moins leur laisser cela qu'ils auront mis du coeur à nous le montrer.
Le moment sans conteste le plus navrant aura été l'envolée de Mlle Royal, sa "colère saine" (pour un "ordre juste" ?, que de slogans dans cette campagne mon Dieu !). D'aucun aurait vu mon regard mortifié devant cette scène si télégénique. Non pas que je pensais qu'elle eut tort (ce fut après tout son attaque la plus réussie de la soirée et Mr Sarkozy eu bien du mal à se sortir de cette mauvaise passe), mais devant ma petite télé (plasma tout de même, je ne voudrais pas que l'on m'accusât de verser dans le sentimentalisme) je savais que le lendemain on ne parlerait que de ce passage et que les rares moments où le fond aura été abordé (ou plutôt "où l'on toucha le fond"? ) ne seraient pas commentés.
Elle est belle la démocratie de l'image, pourtant elle fonctionne. Que n'ai-je utilisé ma carte d'électeur "télécommandesque" en changeant de chaîne pour assister à un véritable enjeu, à du suspens et à de l'émotion. Alors que Ségolène s'emportait devant nos regards ébahis d'admiration, en Italie et dans l'indifférence française générale (même les pubs diffusaient le débat), Milan l'emportait sur Manchester et se qualifiait pour la finale de la Ligue des Champions. Le grand gagnant de la soirée d'hier est à droite, c'est Berlusconi, actionnaire du Milan AC ; la grande perdante est à gauche, c'est Arlette (Chabot, pas l'autre), totalement vampirisée par PPDA.
Quant aux autres...
Lisez mes amis, lisez... "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Non Mr Sarkozy, on ne gagne pas un échange éristique avec un regard fuyant vers deux journalistes que l'on a si sympathiquement salué à la télé le soir d'un premier tour victorieux depuis sa parodie de "DS Chiraquesque" au lieu de regarder dans les yeux une si faible (dans le contenu argumentaire) contradictrice. Non Mlle Royal, on ne fait pas preuve d'intelligence en ricanant bêtement quand on ne sait quoi répondre et on n'avance pas une idée par la seule force d'un slogan, si navrant soit-il (donner du travail au gens pour lutter contre le chômage ! que n'y avait-on pas pensé avant !).
Quant au reste...
Acheter Libération qui publie si opportunément le texte du débat (ne devrait-on pas dire "des bas" ?) et lisez le texte sans l'image (http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/251273.FR.php). Et méditez cela : les deux personnes qui parlent sont sans conteste les deux candidats à l'élection qui se sont présentés avec une proposition la plus structurée et argumentée, ils représentent des partis qui possèdent des fondement idéologique et philosophique prestigieux, rigoureux et (parfois même !) sensés. Alors en relisant la prose du débat, peut-être avec moi vous verserez une petite larme, non pas de tristesse, mais d'allergie (c'est la saison parait-il).
Sur ce, allez voter, il fera beau Dimanche.
Bob
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3 commentaires:
Je suis on ne peux plus d'accord avec toi !!! J'ai lu ton article au labo et ta prose a été appréciée ;)
J'ajouterais une petit citation d'un bon journal :
"Le président qui serait le fruit d'une conspiration des ego peut-il être le garant du bien être de tous ?"
(in 2050 n°4, Hilaire Multon)
Peut-etre avait-il le regard fuyant parce qu'il avait vu quelque chose qui le génait, un point noir par exemple, ou pire...
En tout cas c'est sur ça fait pas rever.
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