jeudi 31 mai 2007

"Leclerc" de génie de S. Royal

Par pure bravade, je vais ignorer totalement la campagne des législatives et aller plus loin en publiant ironiquement mon dernier article sur la campagne présidentielle. Après ça, s'en sera fini pour un certain temps de mes analyses de politique franco-française qui n'ont d'intérêt que le niveau de déprime qu'elle suscite tant chez le lecteur que l'analyste.
Je me suis à de nombreuses reprises plaint que la France était repliée sur elle-même. Mais après tout pourquoi pas ? Elle a il est vrai d'autres problèmes à régler dans sa gestion interne : le chômage, la crise du logement, la pauvreté, le pouvoir d'achat. En voilà des thèmes de programme porteurs et fédérateurs, des questions qui vont toucher le plus grand nombre et qui, vous le remarquerez avec moi, ne sont que de "simples" questions d'argent.

L'argent est semble-t-il la solution à tous les problèmes. Une solution qui répond à trois inquiétudes ou attentes principales : "Je n'ai pas (assez) d'argent", "donner moi (encore) plus d'argent", "ne me prenez pas (trop) d'argent". Ces trois axiomes peuvent sous-tendre n'importe lequel des points abordés pendant notre "chère" campagne électorale et les candidats de tout bords ont construit leurs programmes sur ces thèmes.
N'est-il pas troublant que les revendications portent toujours sur "plus de moyens" lorsque l'on pense que "moyen" est l'anagramme de "money". Qu'auraient à dire là-dessus Lacan ou Freud ? Je laisse cette question, pourtant pertinente, en suspens.
Qu'attendre d'ailleurs d'une campagne de politique générale et internationale où une candidate déclare dans un débat national de deuxième tour "Je veux être la Présidente de la République (…) qui va gagner la bataille (…) contre la vie chère" ? Autant certains s'inquiètent de voir notre nouveau Président sur le yatch d'un riche industriel français (je dirai plutôt "bateau" mais passons, ceux qui parlent de yatch ne sont de toute évidence jamais allés à Miami ou à Monaco) , autant personne ne s'inquiète de voir la candidate du Parti socialiste reprendre à son compte le slogan publicitaire d'une grande chaîne de supermarchés.

Je donne humblement mon deuxième joker du jour pour ne pas vous faire part de mon sentiment sur ce triste constat.

mardi 29 mai 2007

La réflexion de la semaine

En 2004, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté quatre résolutions du Conseil sur le Soudan/Darfour.

En 2005, il y en a eu six.

En 2006, il y en a eu huit.

En 2007, on en trouve une seule (mais la série est en cours) .

Pourquoi si peu cette année ?

C'est difficile à dire...

Mais ne désespérons pas, les forces armées soudanaises trouveront à n'en pas douter d'excellentes occasions de faire travailler le Conseil de Sécurité dans les mois qui viennent (même s'il faut malheureusement reconnaître que la tâche du Soudan est de plus en plus difficile du fait des conséquences intra seque à une extermination en règle, à savoir l'absence de répondant à terme de la contrepartie).

Pourquoi, malgré cet inactivité relative du Conseil de Sécurité, se met-on à parler de manière si intense du Soudan ?

C'est difficile à dire...

Certains poètes voudront voir le fait que le tragique et assourdissant silence des victimes de ce conflit a fini par traverser les frontières. C'est malheureusement inexact. Je suis abonné depuis depuis plus de trois ans à la newsletter du point presse du Ministère des affaires étrangères et rares ont été les semaines (les jours sur certaines périodes) où le Darfour n'a pas été abordé (pour le traitement que l'on sait au 20h ou dans la presse).

Je vais cependant prendre la posture des poètes. Mon cynisme a ses limites et je n'ose imaginer que si nous en parlons aujourd'hui c'est parce que Georges Clooney a pris position... ce qui est malheureusement sans doute le cas.

lundi 28 mai 2007

De la petitesse...

Exceptionnellement, je vais revenir sur le territoire français. Pas pour longtemps car j'aspire sincèrement à devenir une sorte de Johnny Hallyday de la pensée ; le prix à payer étant trop cher lorsqu'on la limite à la seule France. Je l'avoue, je n'ai ni le moral, ni la motivation pour soutenir dans la longueur une analyse strictement franco-française.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais nous sommes envahis par les "petites phrases" (en anglais dans le texte, "petites phrases" se traduit en effet "petites phrases" en anglais, n'est-ce pas dramatique et symptomatique du débat en France ?).

J'ai trouvé le coupable hier après-midi : le bandeau d'information défilant en bas des chaînes info comme iTélé, LCI ou encore BFM TV. Ce bandeau est sensé donner une information "brûlante" bien qu'en fait on puisse y lire tout et n'importe quoi. D'ailleurs je ne résiste pas à vous donner en direct le contenu du bandeau de lci.fr :

- "UE : Sarkozy et Prodi pour une meilleure gouvernance économique" (que celui qui a compris l'information qui se cachait dans celle-là me la précise, je n'en dors plus la nuit)
- "Politique : Bernard Tapi a déjeuner ce lundi à Matignon pour parler de la politique de la ville" (sans commentaire, ou plutôt si : certaines personnes sont vraiment très fortes quand il s'agit de manger gratos)

Vous remarquerez avec moi qu'un tel contenu ne laisse en fait pas beaucoup de place à l'analyse fine. On a tout au plus une vingtaine de mots. Inutile de préciser que ce type de format est le terreau rêvé pour nos chères "petites phrases".

Quand à savoir si les journalistes ont adapté le contenu de la parole politique à leur format de diffusion ou si ce sont les politiques qui ont pris le sens de la formule pour figurer à coup sûr dans le bandeau, au risque d'oublier au passage de faire de "grande phrases" (avec un verbe et un complément d'objet direct par exemple), je ne sais pas…

Enfin, si il y a une chose dont on ne peut pas les accuser c'est d'avoir manger un Bescherelle.

mercredi 23 mai 2007

Des camps de réfugiés palestiniens dans le monde

Lisons entre les lignes d'un article du Monde parut ce jour et relatif à un corridor humanitaire pour évacuer un camp de réfugiés dans le Nord du Liban. En voici les deux premiers paragraphes.

"Au troisième jour du conflit armé qui oppose l'armée libanaise aux miliciens du groupe Fatah Al-Islam dans la région du camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al-Bared, au Liban-nord, une trêve de quelques heures, à partir du milieu de l'après-midi, a ouvert une soupape pour la population civile.

Des centaines d'habitants ont pris la route pour des destinations plus calmes. La Croix-Rouge et l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) ont acheminé des vivres et des médicaments à l'intérieur du camp et ont évacué des malades et des blessés. Une première tentative de pause, quelques heures plus tôt, avait fait long feu, en raison de tirs dirigés contre les véhicules des secouristes."

(pour l'article complet: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-913739@51-912531,0.html)

Je ne vais pas m'attacher à décrire le drame humain qui se cache derrière ces lignes, je renvoie les amateurs de pathos à la suite de l'article en question (et à tant d'autres sur ce sujet que l'on aime tant à qualifier de "sensible"). Non, j'ai décidé de me faire de nouveaux amis aujourd'hui, comme vous pourrez le constater par la suite.

Il y a en effet des informations fascinantes dans cet article qui passent pourtant relativement inaperçues. Que fait un camps de réfugié palestinien au Liban qui plus est géré par des organismes internationaux ?

Considérant que l'État d'Israël existe depuis une soixantaine d'années ; et que la guerre de 67 à la suite de laquelle on parle de "Territoires Occupés" s'est déroulée il y a 40 ans (admirez au passage le champs lexical très riches pour aborder le problème du "Proche Orient" chaque mot ayant son parti pris et son équivalent dans l'autre camp) ; on peut donc, au bas mot, faire remonter "l'exode" palestinien à près de 40 ans au minimum.

Que s'est-il passé pendant cette période ?

Rien du tout. Enfin si, je suis injuste, l'ONU a créé une agence dédiée à la "question" des réfugiés palestiniens (http://www.un.org/unrwa/refugees/images/map.jpg), mais sinon, strictement rien.

Pendant tout ce temps, les minorités palestiniennes n'ont pas été accueillies par leurs "Frères Musulmans" (je laisse l'ambiguïté sur ce terme par pur plaisir intellectuel, ceux qui comprendront le jeu de mot voudront bien me pardonner, d'autant qu'il n'existe aucun camp de réfugiés palestiniens à ce jour en Égypte). Ces populations ont plutôt été parquées dans des camps situés dans des pays supposé amis, à savoir :

- au Liban : 12 camps et 200.000 personnes/réfugiés (à rapporter à une population libanaise de moins de 4.000.000 d'habitants, cela signifie que l'équivalent de 5% de la population intra frontalière du Liban vit dans ces camps) ;

- en Syrie : 10 camps et 110.000 personnes/réfugiés (population Syrienne de 20,000,000) ;

- en Jordanie : 10 camps et 270.000 personnes/réfugiés (à rapporter à une population jordanienne d'un peu plus de 5.000.000 d'habitants, sans commentaire).

Je ne m'intéresse ici qu'aux seuls camps de réfugiés en dehors des "Territoires Occupés" (qui au passage ne le sont plus tant que ça) vous l'aurez compris.

Et bien ces données publiques et de source ONU me laissent un peu songeur. Comment se fait-il qu'en 40 ans (au bas mot), les populations civiles palestiniennes soient toujours dans une telle précarité humanitaire ?

A cela deux raisons, une officielle et l'autre que l'on qualifiera prosaïquement d'officieuse.

(i) Tout d'abord, si on intègre la population de la diaspora palestinienne dans les pays qui l'accueillent, on entérine une situation que certains refusent, à savoir la disparition définitive d'un état Palestinien (qui n'a par ailleurs jamais existé autrement que sous un protectorat anglais, il conviendrait plutôt de parler ici de "Territoire Palestinien") au profit de la création de l'État d'Israël.

Une telle intégration faciliterait en fait la réalisation de la cause et du projet de "l'ennemi sioniste" en solutionnant avantageusement "l'épineux problème" des réfugiés (je mets ici des guillemets car de tous les points posant problème celui-ci est l'un des plus stupides à mon sens, j'y reviendrai un autre jour).

C'est stratégiquement bien pensé et logique, d'autant que la reconnaissance même de l'Etat d'Israël a posé (et pose encore) problème.

Mais dans les faits, cela revient à enfermer des populations dans des camps aidés par la Croix Rouge et par une agence de l'ONU (relisez l'extrait) et de s'en laver les mains.

(ii) En réalité, ces populations ne sont pas accueillies car on ne veut pas les intégrer, tout simplement.

Il est très pratique pour un gouvernement tirant (tyran?) sa légitimité démocratique d'élections à la clarté douteuse (quand les élections existent) d'avoir sous la main ce type de minorités officiellement opprimées par un ennemi commun et étranger.

Par exemple : comment comprendre sinon le massacre de Sabra et Chatila dans deux camps palestiniens au Liban par la milice chrétienne libanaise dirigée par Elie Hobeika ? On en a fait porter la responsabilité à Ariel Sharon, coupable de ne pas avoir séparé les deux camps. Plus précisément il a été coupable de ne pas avoir envoyé ses troupes (israéliennes) pour séparer une milice chrétienne (libanaise) massacrant (entre 700 et 3.500 morts selon les sources) des réfugiés (palestiniens).

Certains cyniques pourraient aller jusqu'à comprendre pourquoi Ariel Sharon n'a pas risqué la vie d'un seul de ses hommes (et femmes puisque l'armée israélienne est mixte) dans un tel affrontement (je vous laisse libre d'apprécier mon degré de cynisme sur cette question). Rappelons que cela se passe en 1982 et qu'à l'époque les relations entre ces trois protagonistes étaient autrement plus tendues qu'aujourd'hui (c'est dire...).

Avoir des réfugiés de la sorte sous la main constitue un bon outil politique pouvant servir de défouloir, de bouc émissaire ou pire encore.

Une fois cette donnée intégrée, vous comprendrez une chose importante sur la région qui explique en partie pourquoi Israël s'en sors si bien alors qu'il est entouré d'ennemis, potentiels ou actuels. Les États musulmans/arabes ne forment pas une grande alliance fraternelle et solide contre Israël comme on pourrait/voudrait le penser. C'est un leurre (véhiculé par chacune des parties, par Israël notamment pour fédérer des soutiens à l'étranger sur le thème "nous sommes tout petits et entourés d'ennemis").

La cause palestinienne ne sert que via une instrumentalisation suivant l'humeur du moment dans tous ces pays et d'autres pour canaliser, entre autre, l'islamisme ou l'antisémitisme sur un objet simple à comprendre et extérieur aux frontières concernées. Il est regrettable que le traitement de ces camps dans la presse soit fait sous l'angle de la normalité. On voit pourtant qu'il y aurait beaucoup (plus) à en dire.

Pour conclure, que ceux qui voient ici une attaque en règle de l'un des camps, s'en indignent et voient en moi un fervent défenseur de la cause "sioniste" (avec tout ce qu'implique ces guillemets dans leur bouche), je vous promets un bel article sur les colonies israéliennes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie (il en reste quoi qu'on en dise et d'ici à ce que je fasse ce futur article, il y en aura encore plus). Je suis certain que vous ferez meilleur accueil à cet article-là.

Bob

mardi 8 mai 2007

Le monde selon le petit Nicolas et ses amis (et chers compatriotes)

Je parcours Internet et les sites de think tanks ou autres groupes de réflexion pour essayer d'avoir une vision un peu pluraliste de notre planète et de ce qui s'y passe (j'ai mis quelques liens vers de tels sites que je vous invite à visiter si vous avez le temps). De ces investigations que ressort-il ? La France semble étrangement repliée sur elle-même et indifférente à ce qui se passe sur Terre. Il faut en effet faire un effort intellectuel pour trouver des informations internationales relativement complètes ou exhaustives. Mais peut-être en est-il de même pour toutes les nations...

D'aucun pourtant de constater que l'international aura d'ailleurs été l'un des grands absents du débat présidentiel.

Tout au plus les deux candidats (limitons l'analyse au champs du réaliste) auront timidement donné une opinion sur le "Proche Orient" (expression vague et désignant pêle-mêle le Liban, Israël, l'Iran, l'Irak, le terrorisme, la prolifération nucléaire... j'en passe).

De même, de timides incartades auront été faites vers d'autres parties du monde (i) contre la Chine et sa lecture plus que douteuse des libertés fondamentales ; (ii) contre les États-unis et "leur" guerre contre le terrorisme (qui pourrait et devrait peut-être être la nôtre aussi comme en témoignent tristement les attentats de Londres et de Madrid, mais c'est un autre sujet) ; (iii) contre la Commission européenne et la Banque Centrale européenne coupables d'un Euro trop fort (qui pourtant au passage diminue mécaniquement le prix des importations et maintient artificiellement notre pouvoir d'achat que beaucoup trouvent aussi trop faible) ; (iv) contre la "mondialisation" coupable des délocalisations (contre toute logique puisque la France est un des pays qui en profite le plus, étant un pays très bénéficiaire en termes d'investissement étrangers, mais passons…).

La France semble le plus souvent "contre" tout ce qui se passe en dehors de ses frontières. Pour les lecteurs assidus de Nietzsche, on pourrait dire que la France est une force "réactive" et, croyez-moi sur parole, ce n'est pas bien et/ou pas cool (une explication navrante pour un constat navrant).

Peut-être la France s'abrite-t-elle derrière ses idéaux universels et se contente-t-elle de les agiter en faisant plus ou moins de bruit pour ce faire ? A l'image de cela la déclaration de Nicolas Sarkozy lors de son discours après les résultats (extrait) :

"Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle."

C'est beau non ? La France croit sincèrement à cette mission messianique, mais elle ne se donne pas les moyens de la faire, sinon celui de critiquer ceux qui croient avoir aussi une telle mission et la mettent matériellement en oeuvre (à tort ou à raison). La France aime prendre position sur de tels sujets, mais ses positions, le plus souvent et si on lit entre les lignes, reviennent le plus souvent à ne rien faire.

Après tout quelle est l'action militaire de la France à l'étranger et cette position est-elle en ligne avec la vue exprimée par notre nouveau Président (qui n'aura pas inventé la roue dans sa déclaration) ?

Le quidam que je suis citera tout au mieux la présence française (i) en Afghanistan (suites du 11 septembre) ; (ii) en Côte d'Ivoire (soutien à dictature amie, lutte contre influence américaine dans zone réservée, intervention militaire hors mandat ONU au départ) ; (iii) au Sud Liban (du bout des lèvres dans la Finul) ; (iv) au Kosovo (force d'interposition entre les méchants et… les méchants que l'on pensait au départ gentils) et puis... ?

Et puis je ne sais pas trop. Pour votre information, il est plus facile d'accéder à la page "développement durable" sur le site du ministère de la Défense (on croit rêver de la part d'un ministère doté de l'arme nucléaire, mais c'est pourtant vrai) que sur la page détaillant les pays dans lesquels les forces françaises sont sur le théâtre d'opérations (page que je n'ai pas à ce jour trouvée).

Cela mérite au moins quelques minutes de réflexion, non ?

Pour commenter les interventions militaires américaines il y a du monde chez nous, mais pour m'expliquer ce que la France fait en Côte d'Ivoire hors mandat ONU (du moins lors des premiers mois d'intervention, mandat sans doute monnayé aux États-unis contre un vote favorable de la France au Conseil de sécurité sur un autre sujet, mais ne diffamons pas...) je ne trouve pas grand monde pour s'interroger. Quelle est la différence ?

Peut-être peut-on au moins se dire que cette intervention est philanthropique puisqu'en Côte d'Ivoire, il n'y a pas de pétrole. Il est vrai qu'en France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées.

lundi 7 mai 2007

Qu'est-ce que le libéralisme ?

Ce mot fait très peur, surtout lorsqu'on lui accole le préfixe "ultra" ; ce qui soit dit en passant ne veut rien dire et relève de la propagande syntaxique et grammaticale. Un "ultra" n'est-il pas un fan de club de foot porté sur la bière et la violence dans l'inconscient collectif footballistique (foot - balistique même) ?

Je ne parlerai donc pas ici d'ultralibéralisme si cher au facteur de Neuilly-sur-Seine et à Lolo "les bons tuyaux" Fabius. Non simplement de libéralisme.

On apprend cela à l'école du barreau en cours de liberté publique : le fondement du libéralisme, c'est la "Liberté". Liberté de tout faire en quelque sorte, sous réserve de la loi.

Il existe ainsi trois degrés dans l'exercice d'une liberté publique (pris au sens constitutionnel du terme) : l'autorisation préalable, la notification, la liberté.

Prenons comme exemple le droit de manifester (ce post servira ainsi aux plus virulents opposants à notre nouveau Président) :

- Dans le premier cas, une manifestation peut être soumise à autorisation préfectorale. Si le préfet refuse de donner ladite autorisation, la manifestation ne peut avoir lieu ;

- Dans le second cas, les organisateur de la manifestation doivent seulement informer la préfecture que la manifestation va avoir lieu. Le préfet peut alors l'interdire (éventuellement sous réserve de recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif), l'encadrer par des forces de police, ne rien faire… en somme faire son travail et assurer la sécurité publique suivant la sensibilité de l'évènement ;

- Dans le troisième cas, libéral cette fois, la manifestation est totalement libre. Si un groupe veut manifester, il n'a ma foi comme seul condition préalable que de passer chez Castorama acheter de la peinture pour ses banderoles, de louer une camionnette et des mégaphones chez Kiloutou et de faire chauffer les merguez.

L'exercice de la liberté de manifester en France est soumis dans la très grande majorité des cas soit à autorisation, soit à notification.

Cette analyse peut porter sur l'exercice de n'importe quelle liberté publique. L'idée du libéralisme, c'est de dire au gens : "vous faites ce que vous voulez et moi, État français, je fais des lois. Si vous ne respecter pas la loi dans l'exercice de vos libertés, vous risquez une sanction (civile ou) pénale". Un système libéral est donc nécessairement "sécuritaire" pour reprendre (notamment) la dialectique d'extrême gauche. Dans le cas contraire, il n'y aurait aucun garant de la paix sociale et l'état n'existerait plus. On tomberait alors dans un système "libertaire", subtile nuance.

Le libéralisme, ce n'est donc pas qu'un vague concept qui ne s'appliquerait qu'à l'économie de marché, c'est une vision très réductrice. Et n'importe quel livre de liberté publique vous le dira, le libéralisme est le système qui garanti le mieux l'exercice des libertés publiques.

Quant à dire si un tel système est souhaitable et efficace, il y a un pas que je ne franchirai pas car il nécessite une analyse au cas par cas. Certaines libertés, comme la liberté d'expression, ne peuvent vivre en dehors d'une approche libérale, d'autres nécessitent une approche plus encadrée.

Par contre, il y a un pas que je vais franchir.

En lisant les déclarations d'Olivier Besancenot, mais il n'est pas le seul, je m'interroge sur le fond d'un discours qui appellent les forces "sociales et démocratiques" (vous avez bien lu, il a dit démocratique) à lutter contre un système garant de l'exercice des libertés publiques, i.e. "ultra libéral et sécuritaire". Est-ce étonnant ? Oui et non. Il est étonnant de lire dans un tel discours la présence du mot "démocratique". En effet, je pensais naïvement que la démocratie se passait principalement autour d'une urne. Ce n'est pas parce que le résultat ne plaît pas qu'il faut le dénoncer comme fascisant. Quant au fond de ce discours, on ne peut pas vraiment en être surpris de la part d'un représentant de parti prônant une révolution dont l'issue serait un régime anti-libéral, et donc par définition liberticide : à savoir une "République Démocratique française".

Devant un tel programme, je ne peux que reprendre ce fameux leitmotiv (tiens, j'utilise un mot russe, quelle coïncidence !) souvent entendu récemment dans la bouche des amateurs de défaite démocratique, "cela nous renvoie à de tristes heures de notre histoire". Comme je l'ai dit dans mon post précédent, la précision dans le discours est une clé essentielle pour structurer une argumentation et avec une phrase aussi floue et lourde de sens pourtant, on sait bien où on va : nulle part, mais tout de même un peu en arrière et à l'est.

Enfin, si je dis ça, c'est juste au cas où vous me chercheriez...

jeudi 3 mai 2007

Dans "débat" il y a "bas"

Ainsi va la politique de nos jours. Quelques slogans, deux idées appuyées sur des cas particuliers "sensationnels" et une belle affiche. Dans le cadre des élections il semble parfois que les candidats à la fonction de Président de la République, élu au suffrage universel, fasse tout pour nous rappelez cet axiome de la sociologie : "le quotient intellectuel d'une foule est égal à la moitié de celui du plus bête de ses membres". Croire à de telles choses amène à de tels échanges que nous avons tous vu hier soir entre Mlle Royal et Mr Sarkozy. On pourra au moins leur laisser cela qu'ils auront mis du coeur à nous le montrer.

Le moment sans conteste le plus navrant aura été l'envolée de Mlle Royal, sa "colère saine" (pour un "ordre juste" ?, que de slogans dans cette campagne mon Dieu !). D'aucun aurait vu mon regard mortifié devant cette scène si télégénique. Non pas que je pensais qu'elle eut tort (ce fut après tout son attaque la plus réussie de la soirée et Mr Sarkozy eu bien du mal à se sortir de cette mauvaise passe), mais devant ma petite télé (plasma tout de même, je ne voudrais pas que l'on m'accusât de verser dans le sentimentalisme) je savais que le lendemain on ne parlerait que de ce passage et que les rares moments où le fond aura été abordé (ou plutôt "où l'on toucha le fond"? ) ne seraient pas commentés.

Elle est belle la démocratie de l'image, pourtant elle fonctionne. Que n'ai-je utilisé ma carte d'électeur "télécommandesque" en changeant de chaîne pour assister à un véritable enjeu, à du suspens et à de l'émotion. Alors que Ségolène s'emportait devant nos regards ébahis d'admiration, en Italie et dans l'indifférence française générale (même les pubs diffusaient le débat), Milan l'emportait sur Manchester et se qualifiait pour la finale de la Ligue des Champions. Le grand gagnant de la soirée d'hier est à droite, c'est Berlusconi, actionnaire du Milan AC ; la grande perdante est à gauche, c'est Arlette (Chabot, pas l'autre), totalement vampirisée par PPDA.

Quant aux autres...

Lisez mes amis, lisez... "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Non Mr Sarkozy, on ne gagne pas un échange éristique avec un regard fuyant vers deux journalistes que l'on a si sympathiquement salué à la télé le soir d'un premier tour victorieux depuis sa parodie de "DS Chiraquesque" au lieu de regarder dans les yeux une si faible (dans le contenu argumentaire) contradictrice. Non Mlle Royal, on ne fait pas preuve d'intelligence en ricanant bêtement quand on ne sait quoi répondre et on n'avance pas une idée par la seule force d'un slogan, si navrant soit-il (donner du travail au gens pour lutter contre le chômage ! que n'y avait-on pas pensé avant !).

Quant au reste...

Acheter Libération qui publie si opportunément le texte du débat (ne devrait-on pas dire "des bas" ?) et lisez le texte sans l'image (http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/251273.FR.php). Et méditez cela : les deux personnes qui parlent sont sans conteste les deux candidats à l'élection qui se sont présentés avec une proposition la plus structurée et argumentée, ils représentent des partis qui possèdent des fondement idéologique et philosophique prestigieux, rigoureux et (parfois même !) sensés. Alors en relisant la prose du débat, peut-être avec moi vous verserez une petite larme, non pas de tristesse, mais d'allergie (c'est la saison parait-il).

Sur ce, allez voter, il fera beau Dimanche.

Bob