jeudi 4 octobre 2007

Say hello to Bozo

Life's a circus, that's why.

Getting up this morning after a bitchy party last night. Was in the "Suite Présidentielle" at the Fouquet's (8 grands a night !) where a fashion shooting took place all day long yesterday. Gossip girls from the most famous magasines, Vogue, Elle, Glamour and so on and so forth. Champagne, Petit fours, cigarets and smokes all around. Faint music in the background just to remember that everything around you is fake. Kinda crazy night.
At 11 p.m we're kicked out of the room. My friend and I go down to the Bar to have a drink and smoke a Cohiba cigar before going home and back to real life… sort of anyway.
It's 2 a.m. and we're in the streets. I'm walking home. It's not so much as a journey than a meditative outcome of the night. The night was fancy but it does not mean that it had to be vain. Pick up the phone to talk to Her. Back to real life I told you. It's almost four in the morning when we hang on and I fell asleep as quickly as I felt depressed and/or relieved. Things should be simpler I guess, but this is not the point. I'll get by anyway and starting overs are not believed to be always that easy to manage, at least when it's worth something and I believe it is.

9.15 pm back in the street after such a strange night. Walking back to work as I shall do. Nice suit, good breath, no tie, music in my hears. I walk in fron of La Bourse and police is everywhere to keep an eye on the latest happening of homelesses. They camp right there in the street, ready to be evicted by the "force de l'ordre". Protect order, obey orders. 100 tents in the middle of the street are quite a mess. That's what it cost to tell everyone that you might freeze to death in the coming weeks. It's not that faincy and to some point this is kinda vain. For what would happen when the cameras will leave the spot?

Life's a circus, told you

mardi 2 octobre 2007

Le Grenelle m'environne


Oh joie !

Véritable ode à la démocratie participative fanstasmée depuis quelques mois par nos concitoyens (ou du moins leurs représentants journalistiques), le "Grenelle de l'environnement" arrive enfin à sa phase consultative. A vous tous de vous prononcer sur des réformes essentielles comme faut-il limiter de 10 km/h la vitesse de circulation de voitures ou encore faire un moratoire temporaire sujet à conditions mais pas trop quand même sur les OGM. Rassurez-vous, vous avez échappé au point crucial d'interdire la Tauromachie aux moins de 13 ans, mais il s'en est fallu de très peu.

Vous pouvez donc tous donner votre avis sur l'avenir de notre planète, limitée à la France.

Sur le fonds, je dirai "pourquoi pas" pour toutes les propositions. Non pas que je pense qu'elles soit pertinentes en soit, mais bien plutôt que je n'en ai pas grand chose à faire. Personnellement, je tente de trier mes déchets comme tout le monde et si ma mairie ajoutait plus de bac, mon tri n'en serait que plus efficace. De même, je ne déverse pas de déchets toxiques dans les rivières et mon usage de pesticides polluant les nappes phréatiques est somme toute assez limité. Que dire de mes émissions de méthane si ce n'est que n'ayant pas d'élevage porcins en Bretagne subventionnés par la PAC, on ne peut pas dire que le volume de mes rejets soit une menace pour la couche d'ozone.

Mais qu'importe cela puisqu'on me demande mon avis sur autant de questions où pourtant j'aurais espéré que mes élus auraient su répondre d'eux-mêmes. Car il s'agit bien de cela. Notre État a une Assemblée Nationale ignorée par son exécutif et ce depuis la création de la Vème République (pas si éloignée des vrais accords de Grenelle dans le temps). Un exécutif qui rédige 90% des lois qui sont proposées au vote de l'organe législatif, qui les mets en oeuvre via d'innombrables décrets qui relèvent parfois plus de la loi que d'autre chose avec un contrôle du conseil constitutionnel disons-le insatisfaisant dans sa forme de saisine (pour ne pas dire plus, notamment sur le processus de nomination de ses membres).

Mais extasions-nous plutôt de ce beau processus de consultation. Mme Royal doit bien rire de se voir ainsi pillée de son idée ayant généré le fourre tout que l'on sait. Participez donc, l'herbe n'en sera que plus verte et les politiques pourrons se dédouaner complètement,t de l'adoption finale d'un texte qui disons-le ne ressemblera à rien sinon à un fatras de mesurettes sans ambition ni cohérence.

Et humblement je vous le demande : qui se souvient aujourd'hui de l'adoption de la Charte de l'environnement (ayant valeur constitutionnelle dans notre hiérarchie des normes juridiques), texte tout aussi triste mais sur la base duquel il aurait peut-être été possible de travailler. C'est d'autant plus navrant que les personnes ayant présidé le "Grenelle" et celles ayant rédigé ladite charte sont les mêmes, au moins pour partie.

lundi 10 septembre 2007

Le privilège du clown

Je viens de lire un compte rendu passionnant sur la dernière réunion de l'APEC. Les medias australiens s'inquiétaient de l'image que le monde aurait du pays hôte à cause du choix vestimentaire "imposé" par le premier ministre australien aux autres représentant des pays membres participants, à savoir un tristre ciré sombre, pour la photo officielle.

Par delà le côté proprement consternant de n'entendre parler de cette réunion de chef d'Etat d'un des principal ensemble économique et politique mondial qu'à travers ces considérations reconnaissons-le limitées ; je réalise avec effroi que la couverture générale de ce type d'évènements se limite souvent à la photo de famille où l'on voit nos représentants habillés de manière tous identique, en général "couleur locale".
Dieu merci, ces réunions sont plutôt l'occasion pour nos chers représentants de passer un agréable moment ensemble, de prendre un bon dîner, de boire un coup (pour certains d'entre eux du moins, notre Président ne bois jamais d'alcool je le rappelle pour mémoire…) et de parler du temps qu'il fait (la météo n'était-elle pas à l'ordre du dernier G8 ?). Si certaines choses importantes s'y passaient, si des décisions s'y prenaient, nul doute que nous serions tous les premiers avertis, forts des 20 chaînes d'informations continues que nous recevons sur nos écrans. Si seulement derrière ces sarcasmes se cachait autre chose que la triste vérité...

Ce ciré sombre n'en est-il pas d'autant plus lugubre ?
Allez, take care, c'est lundi !
Joulien

lundi 3 septembre 2007

A votre bon coeur le 15 septembre...

Bercy plancherait sur un impôt minimum selon le Figaro de ce jour.

Cette idée n'est pas neuve et il fût un temps où, naïvement et du haut de mes 13 ans, je portais à bout de bras cette lutte dans mes meetings de cours de récréation. Derrière ce concept il y a deux faits essentiels et qui pourtant faussent tout si on s'arrête à eux seuls :

- la moitié des contribuables ne paie pas l'impôt sur le revenu (ne me demandez pas la source de cette statistique, c'est une légende urbaine à ce stade) ;

- la loi la plus important de l'année législative est l'adoption de la loi de finance qui répartit le fruit des contributions diverses reçues par l'Etat entre ses projets et fait chaque année sensiblement augmenter la fameuse dette (environ 1.000 milliards d'Euros, autre croquemitaine urbain) grâce au nom moins célèbre déficit.

Si vous mettez bout à bout ces deux idées, vous vous dites (ou pas, c'est selon que vous soyez un monstre capitaliste comme moi ou de méchante humeur - comme moi aussi, puisque aujourd'hui c'est lundi et que je vaux bien Garfield sur ce plan) : "bon sang, tous ces gens qui ne paie pas d'impôts et qui votent pour élire des gens qui vont décider ce que l'on fait de mon argent, c'est scandaleux !", vous y penserez d'autant plus que dans moins de 15 jours, vous devez envoyer votre chèque pour payer votre impôt sur le revenu (ahhh, ces belles coïncidences qui remplissent l'existence...).

Sans vous en rendre compte, vous flirterez avec le poujadisme : vous aurez envie de regarder le 13h00 de TF1 tout les jours ; le permis de chasse n'est pas loin, méfiez-vous car il vous amène sur la pente dangereuse de l'alcoolisme ; vous roulerez dans une Renault 19 chamade tunée ; votre femme vous quittera (comment lui en vouloir ?) et vous vous disputerez la garde de Spookie le gentil Pitbull (en fait, vous vous disputerez le droit de le sortir à 23h00 tous les jours même l'hiver pour qu'il ne ruine pas le tapis de votre salon ; je ne saurais d'ailleurs que trop vous encourager à lui donner à manger des croquettes plutôt que de la pâtée).

Mais vous vous ressaisirez avant d'en arriver là, j'en suis sûr. Alors certes, l'idée de réintroduire un suffrage censitaire non proportionnel à la participation à la charge publique est séduisante. C'est cependant donner beaucoup d'importance à l'impôt sur le revenu qui ne pèse pas grand chose à côté de la TVA, par exemple. Et la TVA, justement, tout le monde la paie, y compris les "passagers clandestins de la démocratie" injustement dénoncés plus haut comme on commence à s'en rendre compte.

Bercy aura par ailleurs beau jeu de dire qu'il est important que les contribuables aient conscience qu'ils paient un impôt et que les services publics ne tombent pas du ciel (il est vrai que les impositions indirecte passent relativement inaperçues malgré leur importance réelle dans le budget). A nous de leur répondre devant cet argument scabreux : "Certes, mais pourquoi dès lors passer au prélèvement à la source pour l'impôt sur le revenu, n'est-ce pas la logique inverse qui a guidé ce choix ?". Ou bien ne disons rien et laissons l'Etat gratter les fonds de tiroir, au risque de revenir sur des principes fondamentaux de nos libertés publiques comme le droit de vote.

Et, un peu à l'image des français se plaignant du rapport qualité/prix des programmes de France Télévision eut égard à la redevance télé, nous construirons peut-être une société où l'on pourra dire "vu les impôts que je paie, on pourrait quand même avoir un semblant de débat politique merde !". Je termine donc ce post sur cette note positive d'espoir.

Bien à vous,

Joulien

jeudi 9 août 2007

N'est pas mort, ce qui à jamais dort…

J'ai eu le bonheur de partir à Londres la semaine dernière. Enfermé dans un bureau 20 heures sur 24, ne sortant que pour dormir dans un très bel hôtel à peine entr'aperçu, j'ai été coupé du monde pendant environ cinq jours. Des instants de pur bonheur, ne sortant de l'immeuble que pour "m'aérer les poumons".

Retour en Eurostar jeudi dernier après, enfin, une bonne nuit de sommeil. Adieux émouvant à Waterloo Station, bientôt remplacée pour accueillir les arrivants du continent par une gare au nom plus consensuel ; nouveau signe s'il en est de la réconciliation franco-anglaise ou inquiétant signal de la fin de l'humour anglais, je ne saurais encore le dire. Coma dans le train avec mon MP3 vissé sur les oreilles. Grand soleil dans la campagne anglaise puis française. Arrivée à la Gare du Nord, le taxi nous attend. Il est 14h30, nous nous installons et le chauffeur allume France info.

Un sombre membre de l'opposition, le côté obscur de la force parlementaire, annonce à grand cris indignés qu'il souhaite une enquête parlementaire sur les conditions de la libération des "infirmières bulgares". Nous sommes à l'aube d'un nouveau scandale politique qui va occuper nos media pour les semaines à venir. Echange de regards désespérés dans le taxi. Pas de doute nous sommes bien de retour en France.

Indignez-vous donc un bon coup. EADS a bien fait un contrat de vente d'arme avec la Libye. Qu'est-ce que cela peut bien faire ? La France est l'un des principal vendeur d'arme dans le monde depuis des décennies. Fut un temps où nous étions même dans le top 3. Qu'il était doux pour ce type de commerce le temps de la "politique africaine" ! Une délicieuse période où le fils d'un Président pouvait faire fortune, ou peu s'en faut, en vendant des armes à un futur pays génocidaire. Où d'autres anciens Présidents, alors Premier Ministre, vendaient l'arme nucléaire à des dictateurs moyen-orientaux pendus haut et court depuis lors et misérablement filmés comme tels par un Nokia 3310, diffusés via YouTube.

Faites votre enquête parlementaire et drapez-vous dans votre indignation de circonstance. Si cela peut tous nous aider à mieux dormir, je suis définitivement preneur.

mardi 5 juin 2007

Russians love their children too...

What about missiles in Poland? This brand new trick from the international politic scene might be considered as a strange new evolution of the realpolitik syndrome of which I might talk a little bit more. For a couple of days, this headline has turned out as a major (and only?) international issue in France. Well, well, well… of course there is a trick.

France is not in NATO anymore...

Okay, this is not brand new information. But one considering the issues at stake might regret that France has almost nothing to say regarding European missile defence. But I can predict that this will probably change in the coming years if France allows Mr Sarkozy a decade of Presidency. In fact, the European Defence project within the EU will never come up to anything constructive (saving the "beautiful" 14 July demonstrations with foreign squads); thanks to French extrême gauche EU is now reduced to a uniformised market and no constructive political project will come from that anymore. The only effective military cooperation within Europe is NATO and I really wonder how long France could afford to be (partly) excluded from the decisions NATO takes for the continent.

This missile issue "arising" with Moscow is a crystal clear example. Just a couple of figures will illustrate that. The project contemplated by NATO is not new as U.S. began to introduce this proposal nearly two years ago. Moreover we are talking of ten defence missiles stationed in Poland and Czech Republic. Gosh I'm scared ! It almost made me forget the thousand(s) of Russian long range missile already aiming at something abroad (I bet Mr Putin does not aim at inner Russian territories) and the threats that represent either Iran, North Korea or Pakistan/India in the same area.

What's behind the information? I gave you my first glance bet for France position. But you should obviously go further than this aspect. The Russian / European relationships are not evolving in a good and peaceful way:

- the pro-EU / Pro-Russian opposition in Ukraine;

- the energy threats on tariffs made by Russia in 2005/2006 (which is now one of the major gas/oil producer in the world);

- pipelines issues in central Europe to work around Russian energy supplies / off takes (in Tchechenia and other countries which are, what a surprise under (civil) war or political threats);

- boycotts from Russia of certain product from EU countries (Polish meat…);

- opposition of Moscow for the transfer of the soldier monument in Tallinn by Estonia;

- …

All this shows symptoms of something bigger at stake. Find a map of the US military camps in Central Europe after the Afghanistan war and you may start to have some thoughts about military influence in the world. Russia has basically lost 10 years during which it had to reconstruct its power and authority after its bankruptcy in the early 90's. This period has now come to an end. Mr Putin is now in charge and I bet that the former KGK General has something in mind a bit more "constructive" for his country.

Well, I guess enough is said on this. You probably have noticed that this post was drafted in English language. It's just to prove that I'm not afraid of Polonium 210 or just that I really don't care.
Take care!
Bob

jeudi 31 mai 2007

"Leclerc" de génie de S. Royal

Par pure bravade, je vais ignorer totalement la campagne des législatives et aller plus loin en publiant ironiquement mon dernier article sur la campagne présidentielle. Après ça, s'en sera fini pour un certain temps de mes analyses de politique franco-française qui n'ont d'intérêt que le niveau de déprime qu'elle suscite tant chez le lecteur que l'analyste.
Je me suis à de nombreuses reprises plaint que la France était repliée sur elle-même. Mais après tout pourquoi pas ? Elle a il est vrai d'autres problèmes à régler dans sa gestion interne : le chômage, la crise du logement, la pauvreté, le pouvoir d'achat. En voilà des thèmes de programme porteurs et fédérateurs, des questions qui vont toucher le plus grand nombre et qui, vous le remarquerez avec moi, ne sont que de "simples" questions d'argent.

L'argent est semble-t-il la solution à tous les problèmes. Une solution qui répond à trois inquiétudes ou attentes principales : "Je n'ai pas (assez) d'argent", "donner moi (encore) plus d'argent", "ne me prenez pas (trop) d'argent". Ces trois axiomes peuvent sous-tendre n'importe lequel des points abordés pendant notre "chère" campagne électorale et les candidats de tout bords ont construit leurs programmes sur ces thèmes.
N'est-il pas troublant que les revendications portent toujours sur "plus de moyens" lorsque l'on pense que "moyen" est l'anagramme de "money". Qu'auraient à dire là-dessus Lacan ou Freud ? Je laisse cette question, pourtant pertinente, en suspens.
Qu'attendre d'ailleurs d'une campagne de politique générale et internationale où une candidate déclare dans un débat national de deuxième tour "Je veux être la Présidente de la République (…) qui va gagner la bataille (…) contre la vie chère" ? Autant certains s'inquiètent de voir notre nouveau Président sur le yatch d'un riche industriel français (je dirai plutôt "bateau" mais passons, ceux qui parlent de yatch ne sont de toute évidence jamais allés à Miami ou à Monaco) , autant personne ne s'inquiète de voir la candidate du Parti socialiste reprendre à son compte le slogan publicitaire d'une grande chaîne de supermarchés.

Je donne humblement mon deuxième joker du jour pour ne pas vous faire part de mon sentiment sur ce triste constat.

mardi 29 mai 2007

La réflexion de la semaine

En 2004, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté quatre résolutions du Conseil sur le Soudan/Darfour.

En 2005, il y en a eu six.

En 2006, il y en a eu huit.

En 2007, on en trouve une seule (mais la série est en cours) .

Pourquoi si peu cette année ?

C'est difficile à dire...

Mais ne désespérons pas, les forces armées soudanaises trouveront à n'en pas douter d'excellentes occasions de faire travailler le Conseil de Sécurité dans les mois qui viennent (même s'il faut malheureusement reconnaître que la tâche du Soudan est de plus en plus difficile du fait des conséquences intra seque à une extermination en règle, à savoir l'absence de répondant à terme de la contrepartie).

Pourquoi, malgré cet inactivité relative du Conseil de Sécurité, se met-on à parler de manière si intense du Soudan ?

C'est difficile à dire...

Certains poètes voudront voir le fait que le tragique et assourdissant silence des victimes de ce conflit a fini par traverser les frontières. C'est malheureusement inexact. Je suis abonné depuis depuis plus de trois ans à la newsletter du point presse du Ministère des affaires étrangères et rares ont été les semaines (les jours sur certaines périodes) où le Darfour n'a pas été abordé (pour le traitement que l'on sait au 20h ou dans la presse).

Je vais cependant prendre la posture des poètes. Mon cynisme a ses limites et je n'ose imaginer que si nous en parlons aujourd'hui c'est parce que Georges Clooney a pris position... ce qui est malheureusement sans doute le cas.

lundi 28 mai 2007

De la petitesse...

Exceptionnellement, je vais revenir sur le territoire français. Pas pour longtemps car j'aspire sincèrement à devenir une sorte de Johnny Hallyday de la pensée ; le prix à payer étant trop cher lorsqu'on la limite à la seule France. Je l'avoue, je n'ai ni le moral, ni la motivation pour soutenir dans la longueur une analyse strictement franco-française.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais nous sommes envahis par les "petites phrases" (en anglais dans le texte, "petites phrases" se traduit en effet "petites phrases" en anglais, n'est-ce pas dramatique et symptomatique du débat en France ?).

J'ai trouvé le coupable hier après-midi : le bandeau d'information défilant en bas des chaînes info comme iTélé, LCI ou encore BFM TV. Ce bandeau est sensé donner une information "brûlante" bien qu'en fait on puisse y lire tout et n'importe quoi. D'ailleurs je ne résiste pas à vous donner en direct le contenu du bandeau de lci.fr :

- "UE : Sarkozy et Prodi pour une meilleure gouvernance économique" (que celui qui a compris l'information qui se cachait dans celle-là me la précise, je n'en dors plus la nuit)
- "Politique : Bernard Tapi a déjeuner ce lundi à Matignon pour parler de la politique de la ville" (sans commentaire, ou plutôt si : certaines personnes sont vraiment très fortes quand il s'agit de manger gratos)

Vous remarquerez avec moi qu'un tel contenu ne laisse en fait pas beaucoup de place à l'analyse fine. On a tout au plus une vingtaine de mots. Inutile de préciser que ce type de format est le terreau rêvé pour nos chères "petites phrases".

Quand à savoir si les journalistes ont adapté le contenu de la parole politique à leur format de diffusion ou si ce sont les politiques qui ont pris le sens de la formule pour figurer à coup sûr dans le bandeau, au risque d'oublier au passage de faire de "grande phrases" (avec un verbe et un complément d'objet direct par exemple), je ne sais pas…

Enfin, si il y a une chose dont on ne peut pas les accuser c'est d'avoir manger un Bescherelle.

mercredi 23 mai 2007

Des camps de réfugiés palestiniens dans le monde

Lisons entre les lignes d'un article du Monde parut ce jour et relatif à un corridor humanitaire pour évacuer un camp de réfugiés dans le Nord du Liban. En voici les deux premiers paragraphes.

"Au troisième jour du conflit armé qui oppose l'armée libanaise aux miliciens du groupe Fatah Al-Islam dans la région du camp de réfugiés palestiniens de Nahr Al-Bared, au Liban-nord, une trêve de quelques heures, à partir du milieu de l'après-midi, a ouvert une soupape pour la population civile.

Des centaines d'habitants ont pris la route pour des destinations plus calmes. La Croix-Rouge et l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) ont acheminé des vivres et des médicaments à l'intérieur du camp et ont évacué des malades et des blessés. Une première tentative de pause, quelques heures plus tôt, avait fait long feu, en raison de tirs dirigés contre les véhicules des secouristes."

(pour l'article complet: http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-913739@51-912531,0.html)

Je ne vais pas m'attacher à décrire le drame humain qui se cache derrière ces lignes, je renvoie les amateurs de pathos à la suite de l'article en question (et à tant d'autres sur ce sujet que l'on aime tant à qualifier de "sensible"). Non, j'ai décidé de me faire de nouveaux amis aujourd'hui, comme vous pourrez le constater par la suite.

Il y a en effet des informations fascinantes dans cet article qui passent pourtant relativement inaperçues. Que fait un camps de réfugié palestinien au Liban qui plus est géré par des organismes internationaux ?

Considérant que l'État d'Israël existe depuis une soixantaine d'années ; et que la guerre de 67 à la suite de laquelle on parle de "Territoires Occupés" s'est déroulée il y a 40 ans (admirez au passage le champs lexical très riches pour aborder le problème du "Proche Orient" chaque mot ayant son parti pris et son équivalent dans l'autre camp) ; on peut donc, au bas mot, faire remonter "l'exode" palestinien à près de 40 ans au minimum.

Que s'est-il passé pendant cette période ?

Rien du tout. Enfin si, je suis injuste, l'ONU a créé une agence dédiée à la "question" des réfugiés palestiniens (http://www.un.org/unrwa/refugees/images/map.jpg), mais sinon, strictement rien.

Pendant tout ce temps, les minorités palestiniennes n'ont pas été accueillies par leurs "Frères Musulmans" (je laisse l'ambiguïté sur ce terme par pur plaisir intellectuel, ceux qui comprendront le jeu de mot voudront bien me pardonner, d'autant qu'il n'existe aucun camp de réfugiés palestiniens à ce jour en Égypte). Ces populations ont plutôt été parquées dans des camps situés dans des pays supposé amis, à savoir :

- au Liban : 12 camps et 200.000 personnes/réfugiés (à rapporter à une population libanaise de moins de 4.000.000 d'habitants, cela signifie que l'équivalent de 5% de la population intra frontalière du Liban vit dans ces camps) ;

- en Syrie : 10 camps et 110.000 personnes/réfugiés (population Syrienne de 20,000,000) ;

- en Jordanie : 10 camps et 270.000 personnes/réfugiés (à rapporter à une population jordanienne d'un peu plus de 5.000.000 d'habitants, sans commentaire).

Je ne m'intéresse ici qu'aux seuls camps de réfugiés en dehors des "Territoires Occupés" (qui au passage ne le sont plus tant que ça) vous l'aurez compris.

Et bien ces données publiques et de source ONU me laissent un peu songeur. Comment se fait-il qu'en 40 ans (au bas mot), les populations civiles palestiniennes soient toujours dans une telle précarité humanitaire ?

A cela deux raisons, une officielle et l'autre que l'on qualifiera prosaïquement d'officieuse.

(i) Tout d'abord, si on intègre la population de la diaspora palestinienne dans les pays qui l'accueillent, on entérine une situation que certains refusent, à savoir la disparition définitive d'un état Palestinien (qui n'a par ailleurs jamais existé autrement que sous un protectorat anglais, il conviendrait plutôt de parler ici de "Territoire Palestinien") au profit de la création de l'État d'Israël.

Une telle intégration faciliterait en fait la réalisation de la cause et du projet de "l'ennemi sioniste" en solutionnant avantageusement "l'épineux problème" des réfugiés (je mets ici des guillemets car de tous les points posant problème celui-ci est l'un des plus stupides à mon sens, j'y reviendrai un autre jour).

C'est stratégiquement bien pensé et logique, d'autant que la reconnaissance même de l'Etat d'Israël a posé (et pose encore) problème.

Mais dans les faits, cela revient à enfermer des populations dans des camps aidés par la Croix Rouge et par une agence de l'ONU (relisez l'extrait) et de s'en laver les mains.

(ii) En réalité, ces populations ne sont pas accueillies car on ne veut pas les intégrer, tout simplement.

Il est très pratique pour un gouvernement tirant (tyran?) sa légitimité démocratique d'élections à la clarté douteuse (quand les élections existent) d'avoir sous la main ce type de minorités officiellement opprimées par un ennemi commun et étranger.

Par exemple : comment comprendre sinon le massacre de Sabra et Chatila dans deux camps palestiniens au Liban par la milice chrétienne libanaise dirigée par Elie Hobeika ? On en a fait porter la responsabilité à Ariel Sharon, coupable de ne pas avoir séparé les deux camps. Plus précisément il a été coupable de ne pas avoir envoyé ses troupes (israéliennes) pour séparer une milice chrétienne (libanaise) massacrant (entre 700 et 3.500 morts selon les sources) des réfugiés (palestiniens).

Certains cyniques pourraient aller jusqu'à comprendre pourquoi Ariel Sharon n'a pas risqué la vie d'un seul de ses hommes (et femmes puisque l'armée israélienne est mixte) dans un tel affrontement (je vous laisse libre d'apprécier mon degré de cynisme sur cette question). Rappelons que cela se passe en 1982 et qu'à l'époque les relations entre ces trois protagonistes étaient autrement plus tendues qu'aujourd'hui (c'est dire...).

Avoir des réfugiés de la sorte sous la main constitue un bon outil politique pouvant servir de défouloir, de bouc émissaire ou pire encore.

Une fois cette donnée intégrée, vous comprendrez une chose importante sur la région qui explique en partie pourquoi Israël s'en sors si bien alors qu'il est entouré d'ennemis, potentiels ou actuels. Les États musulmans/arabes ne forment pas une grande alliance fraternelle et solide contre Israël comme on pourrait/voudrait le penser. C'est un leurre (véhiculé par chacune des parties, par Israël notamment pour fédérer des soutiens à l'étranger sur le thème "nous sommes tout petits et entourés d'ennemis").

La cause palestinienne ne sert que via une instrumentalisation suivant l'humeur du moment dans tous ces pays et d'autres pour canaliser, entre autre, l'islamisme ou l'antisémitisme sur un objet simple à comprendre et extérieur aux frontières concernées. Il est regrettable que le traitement de ces camps dans la presse soit fait sous l'angle de la normalité. On voit pourtant qu'il y aurait beaucoup (plus) à en dire.

Pour conclure, que ceux qui voient ici une attaque en règle de l'un des camps, s'en indignent et voient en moi un fervent défenseur de la cause "sioniste" (avec tout ce qu'implique ces guillemets dans leur bouche), je vous promets un bel article sur les colonies israéliennes dans la bande de Gaza et en Cisjordanie (il en reste quoi qu'on en dise et d'ici à ce que je fasse ce futur article, il y en aura encore plus). Je suis certain que vous ferez meilleur accueil à cet article-là.

Bob

mardi 8 mai 2007

Le monde selon le petit Nicolas et ses amis (et chers compatriotes)

Je parcours Internet et les sites de think tanks ou autres groupes de réflexion pour essayer d'avoir une vision un peu pluraliste de notre planète et de ce qui s'y passe (j'ai mis quelques liens vers de tels sites que je vous invite à visiter si vous avez le temps). De ces investigations que ressort-il ? La France semble étrangement repliée sur elle-même et indifférente à ce qui se passe sur Terre. Il faut en effet faire un effort intellectuel pour trouver des informations internationales relativement complètes ou exhaustives. Mais peut-être en est-il de même pour toutes les nations...

D'aucun pourtant de constater que l'international aura d'ailleurs été l'un des grands absents du débat présidentiel.

Tout au plus les deux candidats (limitons l'analyse au champs du réaliste) auront timidement donné une opinion sur le "Proche Orient" (expression vague et désignant pêle-mêle le Liban, Israël, l'Iran, l'Irak, le terrorisme, la prolifération nucléaire... j'en passe).

De même, de timides incartades auront été faites vers d'autres parties du monde (i) contre la Chine et sa lecture plus que douteuse des libertés fondamentales ; (ii) contre les États-unis et "leur" guerre contre le terrorisme (qui pourrait et devrait peut-être être la nôtre aussi comme en témoignent tristement les attentats de Londres et de Madrid, mais c'est un autre sujet) ; (iii) contre la Commission européenne et la Banque Centrale européenne coupables d'un Euro trop fort (qui pourtant au passage diminue mécaniquement le prix des importations et maintient artificiellement notre pouvoir d'achat que beaucoup trouvent aussi trop faible) ; (iv) contre la "mondialisation" coupable des délocalisations (contre toute logique puisque la France est un des pays qui en profite le plus, étant un pays très bénéficiaire en termes d'investissement étrangers, mais passons…).

La France semble le plus souvent "contre" tout ce qui se passe en dehors de ses frontières. Pour les lecteurs assidus de Nietzsche, on pourrait dire que la France est une force "réactive" et, croyez-moi sur parole, ce n'est pas bien et/ou pas cool (une explication navrante pour un constat navrant).

Peut-être la France s'abrite-t-elle derrière ses idéaux universels et se contente-t-elle de les agiter en faisant plus ou moins de bruit pour ce faire ? A l'image de cela la déclaration de Nicolas Sarkozy lors de son discours après les résultats (extrait) :

"Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle."

C'est beau non ? La France croit sincèrement à cette mission messianique, mais elle ne se donne pas les moyens de la faire, sinon celui de critiquer ceux qui croient avoir aussi une telle mission et la mettent matériellement en oeuvre (à tort ou à raison). La France aime prendre position sur de tels sujets, mais ses positions, le plus souvent et si on lit entre les lignes, reviennent le plus souvent à ne rien faire.

Après tout quelle est l'action militaire de la France à l'étranger et cette position est-elle en ligne avec la vue exprimée par notre nouveau Président (qui n'aura pas inventé la roue dans sa déclaration) ?

Le quidam que je suis citera tout au mieux la présence française (i) en Afghanistan (suites du 11 septembre) ; (ii) en Côte d'Ivoire (soutien à dictature amie, lutte contre influence américaine dans zone réservée, intervention militaire hors mandat ONU au départ) ; (iii) au Sud Liban (du bout des lèvres dans la Finul) ; (iv) au Kosovo (force d'interposition entre les méchants et… les méchants que l'on pensait au départ gentils) et puis... ?

Et puis je ne sais pas trop. Pour votre information, il est plus facile d'accéder à la page "développement durable" sur le site du ministère de la Défense (on croit rêver de la part d'un ministère doté de l'arme nucléaire, mais c'est pourtant vrai) que sur la page détaillant les pays dans lesquels les forces françaises sont sur le théâtre d'opérations (page que je n'ai pas à ce jour trouvée).

Cela mérite au moins quelques minutes de réflexion, non ?

Pour commenter les interventions militaires américaines il y a du monde chez nous, mais pour m'expliquer ce que la France fait en Côte d'Ivoire hors mandat ONU (du moins lors des premiers mois d'intervention, mandat sans doute monnayé aux États-unis contre un vote favorable de la France au Conseil de sécurité sur un autre sujet, mais ne diffamons pas...) je ne trouve pas grand monde pour s'interroger. Quelle est la différence ?

Peut-être peut-on au moins se dire que cette intervention est philanthropique puisqu'en Côte d'Ivoire, il n'y a pas de pétrole. Il est vrai qu'en France, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées.

lundi 7 mai 2007

Qu'est-ce que le libéralisme ?

Ce mot fait très peur, surtout lorsqu'on lui accole le préfixe "ultra" ; ce qui soit dit en passant ne veut rien dire et relève de la propagande syntaxique et grammaticale. Un "ultra" n'est-il pas un fan de club de foot porté sur la bière et la violence dans l'inconscient collectif footballistique (foot - balistique même) ?

Je ne parlerai donc pas ici d'ultralibéralisme si cher au facteur de Neuilly-sur-Seine et à Lolo "les bons tuyaux" Fabius. Non simplement de libéralisme.

On apprend cela à l'école du barreau en cours de liberté publique : le fondement du libéralisme, c'est la "Liberté". Liberté de tout faire en quelque sorte, sous réserve de la loi.

Il existe ainsi trois degrés dans l'exercice d'une liberté publique (pris au sens constitutionnel du terme) : l'autorisation préalable, la notification, la liberté.

Prenons comme exemple le droit de manifester (ce post servira ainsi aux plus virulents opposants à notre nouveau Président) :

- Dans le premier cas, une manifestation peut être soumise à autorisation préfectorale. Si le préfet refuse de donner ladite autorisation, la manifestation ne peut avoir lieu ;

- Dans le second cas, les organisateur de la manifestation doivent seulement informer la préfecture que la manifestation va avoir lieu. Le préfet peut alors l'interdire (éventuellement sous réserve de recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif), l'encadrer par des forces de police, ne rien faire… en somme faire son travail et assurer la sécurité publique suivant la sensibilité de l'évènement ;

- Dans le troisième cas, libéral cette fois, la manifestation est totalement libre. Si un groupe veut manifester, il n'a ma foi comme seul condition préalable que de passer chez Castorama acheter de la peinture pour ses banderoles, de louer une camionnette et des mégaphones chez Kiloutou et de faire chauffer les merguez.

L'exercice de la liberté de manifester en France est soumis dans la très grande majorité des cas soit à autorisation, soit à notification.

Cette analyse peut porter sur l'exercice de n'importe quelle liberté publique. L'idée du libéralisme, c'est de dire au gens : "vous faites ce que vous voulez et moi, État français, je fais des lois. Si vous ne respecter pas la loi dans l'exercice de vos libertés, vous risquez une sanction (civile ou) pénale". Un système libéral est donc nécessairement "sécuritaire" pour reprendre (notamment) la dialectique d'extrême gauche. Dans le cas contraire, il n'y aurait aucun garant de la paix sociale et l'état n'existerait plus. On tomberait alors dans un système "libertaire", subtile nuance.

Le libéralisme, ce n'est donc pas qu'un vague concept qui ne s'appliquerait qu'à l'économie de marché, c'est une vision très réductrice. Et n'importe quel livre de liberté publique vous le dira, le libéralisme est le système qui garanti le mieux l'exercice des libertés publiques.

Quant à dire si un tel système est souhaitable et efficace, il y a un pas que je ne franchirai pas car il nécessite une analyse au cas par cas. Certaines libertés, comme la liberté d'expression, ne peuvent vivre en dehors d'une approche libérale, d'autres nécessitent une approche plus encadrée.

Par contre, il y a un pas que je vais franchir.

En lisant les déclarations d'Olivier Besancenot, mais il n'est pas le seul, je m'interroge sur le fond d'un discours qui appellent les forces "sociales et démocratiques" (vous avez bien lu, il a dit démocratique) à lutter contre un système garant de l'exercice des libertés publiques, i.e. "ultra libéral et sécuritaire". Est-ce étonnant ? Oui et non. Il est étonnant de lire dans un tel discours la présence du mot "démocratique". En effet, je pensais naïvement que la démocratie se passait principalement autour d'une urne. Ce n'est pas parce que le résultat ne plaît pas qu'il faut le dénoncer comme fascisant. Quant au fond de ce discours, on ne peut pas vraiment en être surpris de la part d'un représentant de parti prônant une révolution dont l'issue serait un régime anti-libéral, et donc par définition liberticide : à savoir une "République Démocratique française".

Devant un tel programme, je ne peux que reprendre ce fameux leitmotiv (tiens, j'utilise un mot russe, quelle coïncidence !) souvent entendu récemment dans la bouche des amateurs de défaite démocratique, "cela nous renvoie à de tristes heures de notre histoire". Comme je l'ai dit dans mon post précédent, la précision dans le discours est une clé essentielle pour structurer une argumentation et avec une phrase aussi floue et lourde de sens pourtant, on sait bien où on va : nulle part, mais tout de même un peu en arrière et à l'est.

Enfin, si je dis ça, c'est juste au cas où vous me chercheriez...

jeudi 3 mai 2007

Dans "débat" il y a "bas"

Ainsi va la politique de nos jours. Quelques slogans, deux idées appuyées sur des cas particuliers "sensationnels" et une belle affiche. Dans le cadre des élections il semble parfois que les candidats à la fonction de Président de la République, élu au suffrage universel, fasse tout pour nous rappelez cet axiome de la sociologie : "le quotient intellectuel d'une foule est égal à la moitié de celui du plus bête de ses membres". Croire à de telles choses amène à de tels échanges que nous avons tous vu hier soir entre Mlle Royal et Mr Sarkozy. On pourra au moins leur laisser cela qu'ils auront mis du coeur à nous le montrer.

Le moment sans conteste le plus navrant aura été l'envolée de Mlle Royal, sa "colère saine" (pour un "ordre juste" ?, que de slogans dans cette campagne mon Dieu !). D'aucun aurait vu mon regard mortifié devant cette scène si télégénique. Non pas que je pensais qu'elle eut tort (ce fut après tout son attaque la plus réussie de la soirée et Mr Sarkozy eu bien du mal à se sortir de cette mauvaise passe), mais devant ma petite télé (plasma tout de même, je ne voudrais pas que l'on m'accusât de verser dans le sentimentalisme) je savais que le lendemain on ne parlerait que de ce passage et que les rares moments où le fond aura été abordé (ou plutôt "où l'on toucha le fond"? ) ne seraient pas commentés.

Elle est belle la démocratie de l'image, pourtant elle fonctionne. Que n'ai-je utilisé ma carte d'électeur "télécommandesque" en changeant de chaîne pour assister à un véritable enjeu, à du suspens et à de l'émotion. Alors que Ségolène s'emportait devant nos regards ébahis d'admiration, en Italie et dans l'indifférence française générale (même les pubs diffusaient le débat), Milan l'emportait sur Manchester et se qualifiait pour la finale de la Ligue des Champions. Le grand gagnant de la soirée d'hier est à droite, c'est Berlusconi, actionnaire du Milan AC ; la grande perdante est à gauche, c'est Arlette (Chabot, pas l'autre), totalement vampirisée par PPDA.

Quant aux autres...

Lisez mes amis, lisez... "L'art d'avoir toujours raison" de Schopenhauer. Non Mr Sarkozy, on ne gagne pas un échange éristique avec un regard fuyant vers deux journalistes que l'on a si sympathiquement salué à la télé le soir d'un premier tour victorieux depuis sa parodie de "DS Chiraquesque" au lieu de regarder dans les yeux une si faible (dans le contenu argumentaire) contradictrice. Non Mlle Royal, on ne fait pas preuve d'intelligence en ricanant bêtement quand on ne sait quoi répondre et on n'avance pas une idée par la seule force d'un slogan, si navrant soit-il (donner du travail au gens pour lutter contre le chômage ! que n'y avait-on pas pensé avant !).

Quant au reste...

Acheter Libération qui publie si opportunément le texte du débat (ne devrait-on pas dire "des bas" ?) et lisez le texte sans l'image (http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/251273.FR.php). Et méditez cela : les deux personnes qui parlent sont sans conteste les deux candidats à l'élection qui se sont présentés avec une proposition la plus structurée et argumentée, ils représentent des partis qui possèdent des fondement idéologique et philosophique prestigieux, rigoureux et (parfois même !) sensés. Alors en relisant la prose du débat, peut-être avec moi vous verserez une petite larme, non pas de tristesse, mais d'allergie (c'est la saison parait-il).

Sur ce, allez voter, il fera beau Dimanche.

Bob

vendredi 30 mars 2007

Lourdes peines prononcées à l'encontre de trois jeunes interpellés lors des heurts à la gare du Nord

Voilà un des titres que l'on peut lire dans la presse du jour (dans Le Monde en l'occurrence, mais je ne veux pas stigmatiser ce journal, ils ont tous fait pareil).

Ce titre me fait sourire. J'invite toutes les personnes qui pensent qu'il y a un traitement politique de ce fait divers à se rendre aux audiences de comparutions immédiates du TGI le plus proche de chez eux. C'est une audience publique, vous vous asseyiez, vous ne faites pas de bruit et vous regardez ce qui s'y passe.

Que constaterez-vous ?

Tout d'abord que l'audience de comparution immédiate ne laisse pas beaucoup de place à la discussion des faits. Pour deux raisons : elle a pour objet un jugement rapide d'un fait délictueux en principe peu contestable (la sanction consécutive à l'action afin d'éduquer le délinquant et qu'il y ait une relation directe de cause à effet dans son esprit) ; on juge moins un délit qu'une personne (c'est du moins parfois l'impression frustrante qu'ont les jeunes avocats pleins d'illusion qui sortent de leur lecture de la CESDH).

Ensuite, vous verrez que pour des délits qui ne semblent pas bien méchant, quelqu'un peut prendre 12 mois fermes quand le suivant, pour bien pire, aura un sursis ou un TIG. Les magistrats essaient de mettre en oeuvre des sanctions qui préviennent la récidive. L'objet n'est pas tant de punir le délinquant que de protéger la société de celui-ci en empêchant la récidive et/ou d'éduquer celui-ci (même si ce sont deux écoles de science criminelle totalement différentes, ce qui rend notre justice un peut schizophrène selon moi, mais ce n'est pas l'objet de ce post).

Personnellement, et d'expérience sur les nombreuses audiences auxquelles j'ai assisté, 4 mois pour avoir menacé de mort quelqu'un ou avoir jeté des objets sur des agents des forces de l'ordre, cela ne me choque pas de prime abord. Si vous lisez le Code Pénal, vous constaterez que les peines encourues sont bien plus lourdes que cela et que ces personnes ne s'en tirent pas si mal.

Mais, me direz-vous, qu'en est-il des preuves ? et si ces personnes n'avaient rien fait ? Et bien, je vous répondrai qu'à une audience de comparution immédiate on discute malheureusement trop peu de la culpabilité objective du comparant mais de sa culpabilité subjective. Si la personne a un casier avec des antécédents similaires (ou même si son fichier STIC fait apparaître des faits semblables n'ayant par définition pas fait l'objet de condamnation en justice), il y a de grandes chances qu'elle n'y coupe pas. La parole des forces de police sur les faits fera foi (ce qui n'est pas forcément à lire comme une critique).

La personne a toujours l'opportunité de refusé la comparution immédiate. Elle pourra alors avoir le recul pour préparer une défense, une enquête sera sans doute réalisée sur le déroulement des faits et le jugement reflétera cela. Mais dans l'attente de ce jugement elle risque l'incarcération préventive... C'est un arbitrage que la personne doit réaliser avec l'aide de son conseil.

Passez donc à ces audiences et regarder les peines qui sont données en 5 minutes sur une discussion rapide entre le magistrat et la personne. Vous serez horrifiés à la première et petit à petit vous comprendrez mieux ce qui s'y passe.

Le vrai drame, c'est que de lourdes peines existent pour sanctionner ce qui semble des coup de sang que tout le monde pourrait avoir ET que personne ne le sait semble-t-il. On peut aller en prison pour une petite rixe et même pour des insultent. La plupart des personnes ne découvrent cela que devant le juge et s'ils l'avaient su avant, il se seraient peut-être contenus. Le droit manque cruellement comme matière sur les bancs de nos écoles.

Par ce genre de titre, la presse entretient cet obscurantisme et l'idée que la justice n'existe pas, est instrumentalisée par le politique. Alors même qu'en réalité, le traitement de cet affaire est on ne peut plus banal.

Il y a beaucoup à dire encore sur des questions soulevées de manière laconique (les fichiers STIC, la présomption d'innocence, la CESDH), je traiterai ces points dans d'autres post.

Bob

jeudi 29 mars 2007

De la gouvernance à la démocratie d'entreprise

La gouvernance d'entreprise est caractérisée par un double mouvement :

a) Une revendication de stakeholders d'avoir leur mot à dire dans le cadre des décisions manageriales ou sociétales d'une entrepise. Ces parties prenantes s'appuient à la fois sur le droit pour intervenir, mais aussi sur des réglementations propores à certaines branches d'activité ainsi que sur l'opinion publique ou sur un simple sentiment de légitilité à le faire, à tort ou à raison. Ces intervenants tiers à la structure manageriale de l'entreprise sont divers et historiquement, souvent, ils ont une certaine ancienneté. La nouveauté est leur nombre toujours plus croissant qui laisse parfois à penser que la "société civile" a son mot à dire dans la gestion des grands groupes. Ainsi, parmi les stakeholders évidents, on peut citer les syndicats, les associations de consommateurs, les associations de défense de l'environnement, les agences de notation (bancaires, mais aussi environementales) et l'Etat. La liste est en fait beaucoup plus longue et spécifique à chaque secteur d'activité.

b) Un mouvement de régulation des marchés (peut-être devant la crainte de la mise en place d'une mondialisation qui semble anarchique par certains aspects) qui encadre de plus en plus les entreprises dans certains de leur choix.

La gouvernance d'entreprise reste néamoins l'étude par laquelle les décisions sont prises au sein d'une structutre sociétale. Ce qui rend cette étude passionnante, ce n'est pas la description des formes juridiques (fort heureusement, sans quoi une simple lecture du Cozian aurait suffit), mais bien plutôt l'interaction proprement politique et stratégique entre tout les acteurs ci-dessus décrits qui tentent en créant, en interprétant et en contournant le droit, d'intervenir sur le mécanisme de prise de décision.

Et comme pour un Etat la loi la plus importante de l'année est la loi de finance ; pour une entreprise, la décision la plus importante prise annuellement par la société et par l'assemblée des actionnaires, est la distribution des dividendes, le partage des richesses. Or, ce gâteau peut parfois en amont et en aval tronqué par des décisions prises par des stakeholders ou plus précisément indirectement par eux via le management.

La gouvernance permet d'étudier cette lutte pour le partage des richesses parfois inégal entre les acteurs, c'est l'objet de ce blog que d'en éclairer le fonctionnement.